On attend des élections qu’elles mettent fin aux crises politiques. Pourtant, si toutes les précautions ne sont pas prises, elles peuvent aggraver les conflits existants voire devenir elles-mêmes sources de nouvelles tensions.

La principale inquiétude, et qui explique le transfert de la gestion des élections du Ministère de l’Intérieur vers une commission indépendante, porte sur la tentation du parti dominant de transformer le processus électoral en une simple manœuvre visant à se maintenir au pouvoir.

Avant d’entrer dans l’analyse de ce processus, il est nécessaire de comprendre que l’important n’est pas le vainqueur, ni le vaincu, mais la règle du jeu qui sert à les départager. La gouvernance électorale, telle que cette étude le propose, ne se limite pas au bon fonctionnement des procédures. Elle vise à gagner la confiance de tous les acteurs pour qu’ils participent de bonne foi à la compétition. L’évolution des mentalités et des techniques ainsi que les exigences plus fortes nées des expériences passées offrent l’opportunité de construite un système électoral réellement utile au pays.

Madagascar a vécu de nombreuses élections depuis l’Indépendance, tantôt houleuses, tantôt calmes. La présente réflexion sur la gouvernance électorale se veut une contribution pragmatique à l’apaisement de la vie politique nationale.

Le Comité pour la Sauvegarde de l’Intégrité (CSI) propose son expérience dans la création d’organes de gouvernance (BIANCO en 2004 et SAMIFIN en 2008) pour développer un nouveau programme de gouvernance électorale. Au-delà des aspects organisationnels pris en charge par la CENIT, le présent document analyse les conditions d’acceptation du processus par tous les acteurs.

Quatre thèmes sont abordés :

  • La fonction stabilisatrice des élections
  • Les conditions de la confiance
  • Le rôle des partis
  • L’évaluation du processus