Ethique Militaire

RESTAURER LES VALEURS FONDAMENTALES

Le Ministère des Forces Armées a proclamé l’année 2011 « année de l’éthique et de la déontologie ». Il a sollicité l’appui du Comité pour la Sauvegarde de l’Intégrité (CSI) pour concevoir et formuler un programme dans ce sens.

Pour cela, un comité de pilotage a été créé en mars 2011, comprenant des représentants : d’un côté, des officiers généraux et supérieurs de l’Armée et de la Gendarmerie Nationale et de l’autre, le CSI. Un schéma de programme a été établi pour l’année 2011.

OBJECTIFS

Une étude récente note que « les organismes publics de sécurité à Madagascar ne reflètent ni les besoins en sécurité de la population, ni les exigences de l’État. Ils ont plutôt été façonnés par les circonstances historiques du processus de décolonisation de l’île…Les Forces Armées et la police font désormais partie des problèmes de sécurité à Madagascar.»*

Le présent projet vise donc à :

  • restaurer l’image des Forces Armées,
  • rétablir leur spécificité,
  • toucher l’individu dans son identité et
  • conforter la relation entre les Forces Armées et la Nation.

Le présent projet vise enfin à développer une nouvelle éthique des Forces Armées à travers une remise à plat de leur mission et de leur mode opératoire.

C’est pourquoi le programme proposé cherchera à restaurer les valeurs fondamentales des Forces Armées, à savoir « Ho an’ny Tanindrazana », ou pour la Patrie ; « Miaraka mila » ou cohésion ; « Atrehi-mahavita, iamboho-mahefa » ou opérationnalité.

Le programme permettra d’apporter un éclairage de l’engagement des militaires au service de la Nation et du peuple.

METHODOLOGIE

D’emblée, force est de constater que l’Armée malgache subit chroniquement une crise, que l’on espère passagère. Mais il nécessite finalement un diagnostic et un remède, vu sa place et son rôle dans le pays et pour la Nation. Il arrive alors que certains militaires perdent leurs repères antérieurs. Des dérives se font sentir dans certains commandements.

La confection d’un code d’éthique semblait au départ répondre aux besoins exprimés. Mais la complexité du sujet a amené le Comité de pilotage à proposer une analyse détaillée des causes profondes du malaise des Forces Armées. Le Comité a donc décidé de :

  • (i) procéder à un diagnostic à partir d’enquêtes de terrain ;
  • (ii) définir un plan d’actions à court et moyen terme ;
  • (iii) faire le suivi de sa mise en œuvre et ;
  • (iv) réaliser une évaluation indépendante des résultats obtenus.

Les résultats de ce travail permettront au militaire quelque soit son grade et sa fonction de mieux situer sa place et son rôle non seulement dans le corps de l’Armée, mais aussi en dehors  de ce corps, c’est-à-dire  au sein de la société.

Un pré-test du questionnaire a été d’abord effectué au sein de quelques échantillons de militaires. Il a été validé par le Ministère des Forces Armées pour réaliser des interviews sur terrain et avec des officiers généraux retraités.

Les interviews ont été menées dans six camps :

Antananarivo Ville et périphérie :

  • RM1 Analakely,
  • RTS Fiadanana,
  • CIRGN Ankadilalana,
  • BANI Ivato

Territorial :

  • Brigade de Gendarmerie Arivonimamo,
  • Brigade de Gendarmerie Manjakandriana.

Cinquante quatre officiers, sous-officiers et militaires du rang ont participé (voir les réponses complètes en annexe).

A cela, il faut ajouter des officiers généraux en retraite, des chefs de corps et des commandants de Brigade qui ont librement livré leurs opinions, indépendamment du questionnaire.


*Small arms survey 2011 chapitre 6 « Insécurité et banditisme à Madagascar ».